Révélé par le quotidien The Times, le projet de la FIFA d’ouvrir ses activités commerciales à des investisseurs privés via la société « Fifa Forward Enterprise » provoque une levée de boucliers internationale. Ce mercredi 29 juillet 2026, l’UEFA et l’Union européenne ont vivement dénoncé une initiative jugée mercantiliste, marquant une nouvelle escalade dans le conflit opposant Gianni Infantino aux instances européennes.
Une financiarisation inédite des compétitions internationales
Conçu avec le soutien de la banque J.P. Morgan et du fonds d’investissement Thrive Eternal, le projet « Fifa Forward Enterprise » (FFE) ambitionne de lever 4,2 milliards de dollars dès cette année et d’engendrer jusqu’à 10 milliards de dollars de retombées. En cédant des parts minoritaires de cette entité chargée de la billetterie, du sponsoring et des droits de diffusion des Coupes du monde, la FIFA promet de réinvestir tous les bénéfices auprès des 211 fédérations membres. Toutefois, cette ouverture au privé fait craindre une course au rendement financier, susceptible d’imposer un passage de la Coupe du monde à 64 équipes ou d’en augmenter la fréquence au détriment de la santé des joueurs et du calendrier mondial.
L’UEFA, Bruxelles et les fédérations vent debout
La réaction politique et sportive ne s’est pas faite attendre. Alors que la Commission européenne pointe de potentielles infractions au droit de la concurrence et dénonce une commercialisation nocive du sport, l’UEFA a convoqué une réunion d’urgence pour barrer la route à cette initiative. De leur côté, les fédérations française et allemande dénoncent un manque de transparence et une attaque directe contre le modèle démocratique du football. Malgré ce rejet massif, Gianni Infantino accentue la pression sur les fédérations nationales en leur promettant une enveloppe de 20 millions d’euros d’ici 2027 en cas de soutien voté avant le 19 septembre, ravivant les tensions à l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en 2027.

