Au Cameroun, le bâtiment abritant la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) n’est plus seulement une infrastructure administrative, c’est le centre d’une véritable bataille de communication. Ce mardi 12 mai 2026, le débat sur la paternité du projet a été relancé, opposant les partisans de la direction actuelle aux défenseurs de l’héritage des anciens présidents.
La bataille des pourcentages
Au cœur de la polémique, une analyse du journaliste Alain Denis Ikoul (CFOOT) vient contester le récit officiel présentant l’édifice comme l’œuvre majeure du mandat de Samuel Eto’o. Selon les estimations de l’expert, la répartition des travaux sur plusieurs mandats est sans appel :
-
Iya Mohamed : Le président emblématique aurait réalisé 74 % de l’ouvrage (décision initiale, gros œuvre et étapes majeures).
-
Seidou Mbombo Njoya : Il aurait contribué à hauteur de 17 %.
-
Samuel Eto’o : L’actuelle direction n’aurait assuré que 9 % des travaux, correspondant à la « fin des finitions ».
Leadership ou « usurpation » ?
Pour les détracteurs de la communication actuelle de la fédération, présenter ce siège comme l’aboutissement d’une vision unique relèverait de la mise en scène politique. Alain Denis Ikoul n’hésite pas à parler d’une « grossière usurpation » et appelle à restaurer la mémoire de Iya Mohamed, qu’il considère comme le véritable initiateur de la modernisation de l’instance.
Cette controverse souligne un mal récurrent dans la gouvernance sportive africaine : la difficulté de la traçabilité des projets structurants. Entre continuité administrative et appropriation politique, le siège de la FECAFOOT est devenu le symbole des tensions narratives qui divisent les acteurs du football camerounais.

