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Deux mois après la finale de la CAN 2025, l’affaire des supporters sénégalais emprisonnés au Maroc connaît un nouveau rebondissement. L’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme (OMDH) vient de publier un rapport qui confirme les garanties d’un procès équitable. Pendant ce temps, un appel se tient le 16 mars. Le dossier reste brûlant. |
Le verdict du 19 février : des peines fermesLe Tribunal de grande instance de Rabat rend son verdict le 19 février 2026. Les peines sont fermes. Neuf supporters écopent d’un an de prison et 5 000 dirhams d’amende. Six autres reçoivent six mois et 2 000 dirhams. Les trois derniers s’en tirent avec trois mois et 1 000 dirhams. Le parquet avait demandé jusqu’à deux ans. Le tribunal prononce des peines inférieures. Mais la réaction est immédiate au Sénégal. L’avocat Me Patrick Kabou crie au scandale. Il parle de boucs émissaires. La FSF dénonce un jugement sévère et disproportionné. Le Premier ministre Ousmane Sonko parle d’une affaire qui dépasse le cadre du sport. |
L’OMDH certifie un procès juste et transparentDans un rapport publié le 13 mars, l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme apporte une réponse claire aux critiques. Elle affirme que le procès a respecté les principes universels et constitutionnels d’un procès équitable. L’OMDH souligne plusieurs points positifs. Le tribunal a préservé son indépendance. La présomption d’innocence a été respectée. Les accusés ont pu répondre librement aux questions. La défense a eu tout le temps nécessaire pour plaider. Les audiences ont été publiques, sans restriction d’accès. L’ONG cite aussi des gestes d’humanité. Le tribunal a autorisé les accusés à s’asseoir pendant les audiences. Un prévenu victime d’un malaise le 5 février a reçu une assistance médicale immédiate. Les menottes ont été retirées avant chaque audience. |
L’appel du 16 mars : une aggravation possibleNouveau rebondissement : le parquet marocain et la partie civile ont fait appel. Objectif assumé : alourdir les peines. La cour d’appel de Rabat examine le dossier le 16 mars 2026. Me Kabou s’y attendait. Il avait dénoncé publiquement la sévérité des premières peines pour tenter de dissuader le parquet. En vain. Certains policiers blessés déclarent être dans l’incapacité de reprendre le travail. La pression de l’opinion locale est forte. Côté défense, les 18 supporters ont renoncé à faire appel eux-mêmes. Ils se considèrent comme des otages. Ils attendent une issue diplomatique plutôt que judiciaire. |
Ibrahima Barry : la double peineParmi les 18 condamnés, le cas d’Ibrahima Barry est le plus douloureux. Cet homme vivait au Maroc avant la compétition. Il a écopé de la peine maximale : un an ferme. Son employeur, le centre d’appel Konecta, l’a licencié sans droit avant même le rendu du jugement. Ibrahima Barry perd à la fois sa liberté et son travail. Sa famille est dévastée. |
La diplomatie comme seule issue ?Le Sénégal espère une grâce royale de Mohammed VI. Mais Me Kabou le rappelle : une grâce ne peut s’appliquer qu’à une condamnation définitive. Tant que l’appel est en cours, rien n’est possible. Sonko avait évoqué un accord bilatéral permettant aux supporters de purger leur peine au Sénégal. Une option qui reste sur la table. Le 16 mars sera décisif. L’Afrique entière regarde Rabat. |

