À deux mois du coup d’envoi au stade Azteca, une ombre plane sur les finances des sélections qualifiées pour la Coupe du monde 2026. L’administration Trump n’a pas signé d’accord global avec la FIFA concernant l’exemption d’impôts sur les primes de compétition. Cette absence de compromis fiscal signifie que la majorité des 48 fédérations présentes devront reverser une partie de leurs revenus au Trésor américain, créant une inégalité flagrante entre les nations participantes selon leur statut diplomatique avec les États-Unis.
Un tournoi à deux vitesses fiscales
Le Guardian révèle que seules 18 nations bénéficient d’accords bilatéraux spécifiques avec les États-Unis leur permettant d’échapper à cette taxation exceptionnelle. Si la France, l’Angleterre et quelques pays comme le Maroc ou l’Égypte sont protégés, d’autres géants du football mondial se retrouvent piégés par la législation américaine. Le Brésil et l’Argentine devront ainsi s’acquitter de taxes importantes sur l’enveloppe globale de 620 millions d’euros prévue par la FIFA, amputant ainsi une part cruciale des bonus destinés au développement de leur football national.
Le cas particulier de la délégation française
Pour la sélection tricolore, la situation présente un contraste étonnant entre l’encadrement et les joueurs sur le terrain. Si la Fédération Française de Football et le sélectionneur Didier Deschamps seront épargnés par le fisc américain grâce aux conventions en vigueur, les joueurs de l’équipe de France ne bénéficieront pas de la même clémence. Ces derniers s’exposent à une double imposition sur leurs primes de match, devant déclarer leurs revenus à la fois aux États-Unis pour les prestations fournies sur le sol américain et en France, leur résidence fiscale habituelle.
Un coup dur pour les petites fédérations
Cette pression fiscale est particulièrement lourde pour les nations qui s’apprêtent à disputer leur première phase finale, à l’image de Curaçao ou du Cap-Vert. Pour ces fédérations aux budgets limités, les taxes américaines représentent un manque à gagner considérable sur des revenus qui auraient dû financer des infrastructures de base. Alors que la FIFA est elle-même exonérée d’impôts depuis 1994, cette rigueur administrative imposée par Washington souligne les tensions logistiques persistantes autour de l’organisation de ce Mondial XXL en Amérique du Nord.

