Le sport fait les frais des tensions géopolitiques sur l’île d’Hispaniola. Au lendemain d’un « derby d’Hispaniola » remporté lourdement par Haïti face à la République dominicaine (1-4) en Ligue des nations de la Concacaf, le gouvernement dominicain a annoncé l’interdiction totale pour la sélection haïtienne de se produire sur ses installations sportives.
Cette décision radicale fait suite à des échauffourées survenues aux abords du stade Félix Sánchez de Saint-Domingue, où des supporters ont tenté de forcer les entrées, ainsi qu’à des célébrations jugées provocatrices de certains joueurs sur la pelouse.
Une décision politique sur fond de tensions migratoires
Des incidents aux portes du stade : Le ministère des Sports dominicain a fustigé l’indiscipline et les débordements d’une partie des 25 000 spectateurs présents, majoritairement composés de supporters et d’immigrés haïtiens.
La polémique sur le terrain : Les célébrations du double buteur Wilson Isidor, clamant « Hispaniola, c’est Haïti ! », ont vivement irrité la population locale et alimenté les critiques sur les réseaux sociaux.
Un contexte géopolitique explosif : Cette interdiction s’inscrit dans la lignée de la politique très stricte menée par le président Luis Abinader contre l’immigration clandestine, marquée par la construction d’un mur frontalier et des centaines de milliers d’expulsions récentes.
Les répercussions pour le football caribéen
Alors que ce match de la Concacaf constituait la première confrontation entre les deux voisins sur le sol dominicain depuis 2013, cette mesure de bannissement contraint la sélection haïtienne à trouver de nouvelles terres d’accueil pour disputer ses prochaines rencontres à domicile, compliquant un peu plus son parcours sportif régional.

