Après un marathon historique de 103 matchs répartis sur un mois et demi à travers les États-Unis, le Canada et le Mexique, la Coupe du monde 2026 s’apprête à tirer sa révérence ce dimanche soir au MetLife Stadium de New York, théâtre de la finale tant attendue entre l’Espagne et l’Argentine. À l’heure du bilan, les reporters de RMC Sport, qui ont parcouru des dizaines de milliers de kilomètres, livrent un constat teinté de fascination et d’agacement face à un tournoi hors normes.
Ce qu’on a aimé : La démesure architecturale et le savoir-faire festif
Le premier point fort incontestable de ce Mondial réside dans le caractère unique et grandiose de ses infrastructures :
Des stades avec une âme : Contrairement aux enceintes modernes standardisées, les stades de NFL (Seattle, Boston, Philadelphie) ont séduit par leur lumière naturelle et leurs vues imprenables sur les skylines. À l’opposé, le gigantisme climatisé de l’AT&T Stadium de Dallas a offert une plongée spectaculaire dans la démesure texane.
La ferveur progressive et l’accueil : Longtemps jugés distants vis-à-vis du « soccer », les Américains se sont totalement pris au jeu. L’ambiance des fan zones s’est avérée festive, détendue et sécurisante, portée par des bénévoles et des forces de l’ordre particulièrement accueillants.
Le sens du show : Entrées de gladiateurs, hymnes sacralisés autour du rond central, jeux de lumière immersifs… Le savoir-faire américain en matière de divertissement a sublimé l’expérience des spectateurs.
Ce qu’on a moins aimé : Quand le business étouffe le jeu
Derrière le strass et les paillettes, cette première édition à 48 équipes a dévoilé d’importantes zones d’ombre, où la logique commerciale a parfois piétiné l’éthique sportive :
Le football au second plan : Entre les pauses-fraîcheur à répétition cassant le rythme et la décision controversée d’allonger la mi-temps de la finale à 20 minutes pour y insérer un concert (façon Super Bowl), le sport a parfois semblé n’être qu’un prétexte.
Le scandale Balogun : L’annulation politique par la FIFA de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun restera comme l’un des passe-droits disciplinaires les plus décriés de l’histoire de l’instance.
Un premier tour sans saveur : Le système de repêchage des « meilleurs troisièmes » a tué l’enjeu dramatique de la phase de poules, installant un faux rythme sur la première moitié du tournoi.
Des tribunes de « consommateurs » : Le prix prohibitif des billets a écarté les supporters traditionnels au profit d’un public de curieux, arborant souvent des maillots hors sujet. Un public VIP complété par une offre de restauration jugée très chère et de piètre qualité.
Ce Mondial 2026 restera gravé comme celui des extrêmes : une réussite logistique et infrastructurelle inégalée, mais un avertissement sévère pour l’avenir d’un football de plus en plus phagocyté par le divertissement de masse.

