Une fin de mandat en forme de feu d’artifice incontrôlable. Pour la 185e et dernière apparition de Didier Deschamps sur le banc de l’équipe de France, les Bleus et les Three Lions ont offert un spectacle surréaliste ce samedi soir au Hard Rock Stadium de Miami. Marquée par la déception légitime de leurs éliminations en demi-finales, cette petite finale pour la troisième place s’est transformée en un match de gala totalement débridé, conclu sur un score d’un autre temps : 4-6 en faveur de l’Angleterre.
Une première mi-temps catastrophique
La première période a tourné à la correction pour une équipe de France visiblement restée aux vestiaires, plombée par une apathie défensive flagrante. Privés d’agressivité, les Bleus ont coulé en l’espace de 45 minutes :
Le naufrage initial : Declan Rice a ouvert le score dès la 3e minute d’une frappe lointaine, suivi par Ezri Konsa de la tête (22e) sur un corner où la défense tricolore est apparue passive.
Le show Saka : Profitant des boulevards laissés par l’arrière-garde française, Bukayo Saka s’est offert un doublé dévastateur (36e et 46e) pour porter le score à un humiliant 0-4 à la pause.
« On ne peut pas faire pire, c’est catastrophique », a fustigé Didier Deschamps à la mi-temps. « C’est juste une question de détermination, d’orgueil aussi. »
La révolte stérile des Bleus guidée par Mbappé
Piqué au vif, le sélectionneur a procédé à quatre changements drastiques dès la reprise (entrées d’Upamecano, Digne, Barcola et Dembélé). Un coaching payant qui a transfiguré le visage offensif des Bleus, initiant une remontée fantastique.
Kylian Mbappé a sonné la charge en s’offrant un doublé (48e et 66e), portant son total à 10 réalisations dans ce Mondial. Entre-temps, Bradley Barcola avait réduit l’écart d’une frappe puissante (54e). Dans ce festival offensif, Michael Olise s’est définitivement installé dans l’histoire des statistiques en délivrant sa 7e passe décisive du tournoi, devenant le meilleur passeur de tous les temps sur une seule édition de Coupe du Monde.
Un final à couper le souffle
Revenus à 3-4, les Français ont cru à l’impossible avant qu’un penalty concédé par Malo Gusto ne permette à Bukayo Saka d’inscrire un triplé (3-5, 85e). Insatiables, les Bleus ont recollé une dernière fois grâce à Ousmane Dembélé (4-5, 88e), avant que la star du Real Madrid, Jude Bellingham, ne scelle définitivement le sort de ce match fou en contre-attaque dans les arrêts de jeu.
Didier Deschamps quitte ainsi la sélection nationale sur un score de tennis qui résume le paradoxe de son dernier tournoi : une attaque de feu, mais une arrière-garde qui a fini par imploser.

